Les Anamnèses

Dans un monde où tout s’accélère, où les images défilent comme des battements de cils, certaines images s’attardent sur une mémoire fragmentée, où chaque regard, trop rapide, devient un souvenir sans contours, une sensation pure. Ces images ne capturent pas l’instant dans sa perfection, mais dans sa perte, dans ce qui fane avant même d’être pleinement vu. Ici, l’image ne raconte pas, elle évoque, elle effleure, elle rappelle. Il s’agit d’une mémoire capricieuse qui ne garderait que la beauté de ce qu’elle a déjà perdu. 

Cette série photographique s’attache à saisir ce qui, dans sa fuite, devient éternel : le presque-rien qui pourtant s’inscrit dans nos esprits comme une présence persistante. Cet ensemble propose un territoire onirique, un espace de perception altérée où la vitesse devient abstraite, et l’éphémère, matière. Dans ce tumulte, quelque chose reste : l’écho d’un souvenir effleuré.

Les anamnèses s’inscrivent dans une errance visuelle, une tentative de capturer non pas ce que l’on voit, mais ce que l’on a entrevu. Ce moment suspendu où le flou devient langage, où l’imprécision révèle une forme de vérité sensible. C’est ce qui demeure, un ressenti déjà passé et qui revient. Le réel s’étire ici dans une lenteur inventée, comme pour résister à l’oubli.

* Série réalisée en collaboration avec la marque RAPPAZ.