La rêverie est un état intermédiaire, un flou délicat, où les frontières entre l’imaginaire et le tangible se dissolvent lentement. C’est un voyage introspectif, une promenade secrète de l’esprit.
Dans cet espace suspendu, le temps n’est plus qu’un murmure lointain, et chaque instant devient une éternité.
Une rêverie architecturale se déploie ici comme une rêverie organique. Une organicité, on ne saurait dire laquelle. On pourra d’abord penser entrailles, tubes pulmonaires, artères agrandies. Comme si tout lieu était pensé comme un organe, tout organe comme un lieu. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Que le corps se perd dans le lieu, façon oublieuse de s’y souvenir. Et que le lieu se construit pour présenter cette perte aussi exactement que possible.
Nous pouvons percevoir ici le lieu comme un phénomène dé-spatialisé, pour pouvoir accéder au statut d’une expérience, sinon d’un événement psychique. C’est en cela qu’un lieu visuel peut acquérir la troublante souveraineté, l’efficacité d’un lieu de mémoire.
Il s’agit bien d’une invitation : à questionner notre subconscient, à explorer les limbes de notre imagination, de nos souvenirs et à (re)découvrir un monde, l’antre d’un monde.









